144                                                   REGISTRES DU BUREAU                                               [i553]
de Tournon W :
Sainct Germain des Prez, l'hostel de Lyon.
de Ferrare '2> : l'ostel de Sainct Pharon.
de Chastillon W : l'hostel de Beauvais.
Da Bellay W : l'hostel de Thizon.
de Meudon '5' : la maison dud. Sr, l'hostel de Vezelay,
des Vaulx de Cernay.
de Lenoncourt W l'hostel de Chaallons.
la rue Saint-Jacques. — "Le colleige de Marmoustier» : fondé le 28 janvier 1328 par Geoffroy du Plessis et réformé par le cardinal de Lorraine (i552), il était situé rue Saint-Jacques, entre le collège du Plessis et celui de Clermont (aujourd'hui Louis-le-Grand), qui l'absorba plus tard. Son emplacement était délimité par la rue de Clugny (Victor Cousin), le passage des Jacobins (rue Cujas), la rue de la Harpe (boulevard Saint-Michel) et la rue des Poirées (rue Neuve-des-Poirées et aujourd'hui rue Toullier).
O "Le cardinal de Tournon" : François de Tournon, archevêque d'Embrun, de Bourges, de Lyon; abbé de Saint-Germain-des-Prés, et de maintes autres abbayes; créé cardinal en i53o.— «Sainct-Germain des Prez" : la manse abbatiale, reconstruite au siècle dernier, existe encore. — «L'hostel de Lyonn : cet hôtel, que les anciens plans dénomment à tort "du Lyonn, était une dépen­dance du séjour de Nesle et d'Orléans; il joignait la porte Saint-Germain ou de Bucy, et servit de résidence aux archevêques de Lyon jusqu'à la fin du xvi° siècle.
W «Le cardinal de Ferrare» : Hippolyte d'Este (24 août 1509-2 décembre 1572), fils d'Alphonse I", duc de Ferrare et de Lucrèce Borgia; administrateur des diocèses de Milan, Auch, Lyon, Narbonne, Autun, etc; créé cardinal en 1538. — (.L'ostel de Sainct-Pharon» : résidence des abbés de Saint-Faron, du diocèse de Meaux, était situé rue de la Verrerie, près de la rue des Mauvais-Garçons; il existait encore du temps de Sauva! (II, 269), -- ava-- donné son nom à un cul-de-sac, autrement dit rue des Juifs (Hurtaut et Magny, Dictionnaire historique de la ville de Paris, t. IV, pages 379 et 492).
'3) "Le cardinal de Chastillon n : Odet de Coligny de Chastillon, évêque de Beauvais, archevêque de Toulouse; créé cardinal en i533. — -L'hostel de Beauvais» : Sauvai (II, 109) mentionne cet hôtel à la date de notre texte, mais sans préciser son empla­cement. Peut-être s'agit-il du collège de Dormans-Beauvais sis rue des Carmes, place Maubert;, à coup sûr il 11e peut être question du logis actuellement encore appelé "l'hôtel de Beauvais», sis dans la partie de la rue Saint-Antoine qui porte aujourd'hui le nom de rue François-Miron, et sur lequel M. Jules Cousin a publié une intéressante monographie en 1865.
O "Le cardinal Du Bellayn : Jean, fils de Louis Du Bellay, sr de Langeau; évêque de Paris (1 53q-i55 1), archevêque de Bor­deaux, créé cardinal en 1535. Il résigna l'évêché de Paris en faveur de son cousin Eustache (ci-dessous page i46 note "Parisn).— "L'hostel de Thizonn : c'était le siège d'un fief dont le nom apparaît au xm* siècle; il figure deux fois dans l'ouvrage de Corrozet {Antiquités, histoires el singularités de Paris, édit, de i55o), à la page 189 comme fief ayant droit de justice, et à la page 199 dans la liste des "principales maisons et hostelz de grandz seigneurs jadis édifiez à Paris». Sur son emplacement a été ouverte la rue Jean Tison. —Au lieu de "Thizonn, le Registre B donne "Thiron»; c'est une erreur évidente du scribe, car il ne peut s'agir ici de l'hôtel de "Tiron», élevé sur une partie du domaine de ce nom. Ce logis changea plusieurs fois sa dénomination primitive en celles de «hôtel de Bar (voir ci-dessous page i46 note -Vannes»), de Montpensier, du Pin, et enfin de Nesmond» (Dom Féli­bien, Histoire de la ville de Paris, 1.1, p. 3i 1); cette dernière appellation s'est conservée jusqu'à nos jours par une inscription apposée sur la façade de l'hôtel qui porte le n° 57 du quai de la Tournelle. — Enfin il y avait dans la rue Saint-Antoine un autre hôtel de "Tiron», qu'on voit mentionné au Volume III de cette Série, page 193 note 3, comme résidence affectée aux ambassadeurs des Ligues Grises en 154g. Le nom de cet ancien logis est resté à une rue du quartier du Marais.
(5) «Le cardinal de Meudon» : Antoine Sanguin, évêque d'Orléans, archevêque de Toulouse, gouverneur de Paris (1544), grand-aumônier de France; créé cardinal en 1539; mourut en 155g. — «La maison dud. s'» : c'était le logis dc Charles d'Anjou, roi de Sicile, qui a laissé son nom à la rue où il était bâti. Successivement possédé par Charles VI, les rois de Navarre et les comtes de Tan­carville , l'ordonnance de cel antique édifice fut modifiée par le cardinal de Meudon et le chevalier de Birague son successeur. L'hôtel passa ensuite en diverses mains (familles de Saint-Paul-Chavigny, de Navarre, etc), puis il devint la propriété du duc de La Force, dont il a retenu le nom jusqu'en 1848; mais dès 1705 l'hôtel avait été démoli pour faire place à la prison dite de la Force, qui fut jetée bas en 1848. Sur son emplacement fut percée la rue Mallier. — "L'hostel de Vezelay» : il y a eu plusieurs hôtels de ce nom, sis rue de Bièvre et rue Saint-Étienne-des-Grés (aujourd'hui rue Cujas) ; voir la note 3 de la page 167 de notre Volume 1. — "L'hostel des Vaulx de Cernay» : résidence de l'abbé, était situé rue des Cordeliers, sur un emplacement contigu au collège de Bourgogne et occupé depuis par l'Ecole de médecine. Un autre hôtel de ce nom s'élevait dans la rue du Foin-Saint-Jacques, dite aux .XIVe et xv" siècles rue aux Moines de Cernay (Piganiol de la Force, Description de Paris, t. V, p. 447).
<-> "Le cardinal de Lenoncourt» : Robert, évêque de Châlons, de Metz qu'il contribua à remettre aux mains du Roi de France, d'Auxerre; archevêque de Toulouse, Arles, Embrun; abbé de Saint-Remy de Reims; créé cardinal en i538; mourut en i56i.— «L'hostel de Chaallons» : résidence de l'évêque, occupait sur la montagne Sainte-Geneviève une partie de l'emplacement sur lequel s'éleva depuis le collège de Sainte-Barbe.